Je suis la ville basse.
Je suis bruyante, sombre, amicale. Je fascine et je fais peur. Après le démembrement de la citadelle, je ne suis pas devenue la ville tout court mais un nombril. Il y a tout en moi : législatif, exécutif, judiciaire, spirituel, mais aussi à manger et à boire, des cris, des odeurs, du drame et de l’amour.
Je suis la porte d’entrée du souk. C’est le monde entier qui vient à moi. Je suis là où la règle s’arrête à l’individu. Là où l’on se tape sur l’épaule. Là où l’on trouve toujours une solution, un plan. Je suis une porte entre la mer, la ruine de l’histoire et le fleuve descendu des montagnes. Je suis entre temps anciens et temps présents. Je suis une porte sous le rude soleil de la Méditerranée.
Je suis Aneesh le touriste américain. Je suis Jasmine qui promène son chien. Je suis Mourad le boucher, Claude qui raconte sa vie dans la rue ou encore José le mystique. J’ai mille visages. Je suis la ville basse, horizontale, à niveau, là où tout le monde peut se croiser.
Je suis sienne, ocre, rosie par le soleil, enduit craquelé, pierre brute offerte aux mousses vertes qui me colonisent. Je suis à l’ombre des immeubles serrés et aussi tranchée par les rayons durs de l’astre.
Je suis le sang des boucheries qui coule dans les rues. Je suis l’odeur de la socca qui sort du four à bois. Je suis un café en terrasse sous les rayons de soleil d’hiver. Je suis des gamins qui passent en bousculant des croisiéristes, l’étudiant qui sort tous les soirs mais aussi la grand-mère qui fait une pause dans les escaliers, revenant du marché avec son bouquet de blettes et sa douzaine d’œufs.
Je suis tout ça et bien plus encore. Je suis la ville basse. Je suis le Vieux Nice.
Exposition du 11 juin au 4 juillet 2020 (Galerie Municipale de Nice - Avenue Jean Jaurès)
Livre en cours d'édition

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